
Les forêts tropicales abritent la plus grande diversité biologique terrestre de la planète, tant végétale qu’animale.
Les interactions entre la faune et la flore y jouent un rôle clé dans leur fonctionnement et la préservation. En particulier, de nombreuses espèces d’arbres dépendent des animaux frugivores (mangeant des fruits) — tels que les primates, les oiseaux ou certains mammifères — pour la dispersion de leurs graines, un processus essentiel à la régénération naturelle de la forêt.
Les forêts tropicales sont souvent appelées les "poumons verts" de la planète.
Ce qui les rend si précieuses, c’est leur capacité à absorber une grande quantité de dioxyde de carbone (CO₂) présent dans l’atmosphère. Les arbres captent ce gaz à effet de serre et le stockent dans leurs tissus (troncs, racines, feuilles) au cours de leur croissance. Ainsi, les forêts contribuent à atténuer le réchauffement climatique en limitant l’accumulation de CO₂ dans l’atmosphère.
Les forêts tropicales concentrent à elles seules plus de 60 % du carbone stocké dans les écosystèmes forestiers mondiaux.
Malheureusement, le puits de carbone, c’est-à-dire la quantité de carbone stockée par année, diminue d’année en année. Les changements climatiques provoquent une plus forte mortalité des arbres, surtout dans la forêt amazonienne. On estime que dans une dizaine d’années, le puits de cette forêt sera nul, voir négatif, c’est-à-dire que la forêt émettra plus de CO₂ qu’elle n’en stockera.
En régulant le cycle de l’eau, les forêts tropicales contribuent à stabiliser les conditions climatiques régionales.
Elles libèrent une grande quantité d’humidité dans l’atmosphère grâce à l’évapotranspiration, un processus combinant l’évaporation de l’eau du sol et la transpiration des arbres. Par leur vaste étendue, ces écosystèmes participent à la formation des pluies, parfois bien au-delà de leurs frontières.
De plus, leurs différentes strates de végétation amortissent l’impact des fortes précipitations : elles ralentissent la chute des gouttes, favorisent la répartition de l’eau dans l’espace et dans le temps, et facilitent son infiltration dans le sol. Ce rôle de régulation permet de limiter les épisodes de sécheresse, de réduire les risques d’inondation et de prévenir l’érosion des sols.
La végétation dense et diversifiée des forêts tropicales joue un rôle essentiel dans la filtration de l’eau.
Lorsqu’elle s’infiltre lentement dans le sol, l’eau traverse un réseau complexe de racines, de matière organique et de micro-organismes qui retiennent les sédiments et dégradent de nombreux polluants. Ce processus naturel contribue à améliorer la qualité de l’eau avant qu’elle n’atteigne les nappes phréatiques ou les cours d’eau.
Dans de nombreuses régions du monde, les forêts tropicales sont habitées par des peuples qui en dépendent étroitement pour leur subsistance.
La collecte de produits forestiers non ligneux — c’est-à-dire autres que le bois — constitue une ressource essentielle. Cela inclut la pêche, la cueillette de fruits, de plantes alimentaires ou médicinales, ainsi que la chasse de subsistance, souvent seule source accessible de protéines animales. Au-delà de leur rôle nourricier, ces forêts sont aussi profondément ancrées dans les cultures locales : elles abritent des lieux sacrés et des sites rituels liés à des croyances ancestrales, faisant des forêts tropicales non seulement des espaces de vie, mais aussi des territoires spirituels et identitaires.
Les forêts tropicales représentent un levier économique majeur pour de nombreux pays du Sud.
Certaines essences tropicales fournissent un bois aux propriétés uniques — en termes de densité ou de résistance aux intempéries — difficilement remplaçables par d’autres matériaux.
Lorsqu’elle est menée dans un cadre légal, encadré et certifié durable (par des labels comme FSC ou PEFC), l’exploitation forestière alimente un marché international responsable, notamment dans le secteur de la construction. De plus, cette exploitation certifiée est une source de développement durable pour les populations locales. Par ailleurs, une part significative des populations vivant dans ou à proximité de ces forêts dépend du bois pour ses besoins domestiques, en particulier en créant du charbon de bois pour la cuisson des aliments.

