Groupe 2 : Impacts, adaptations & vulnérabilités

80% de la déforestation dans le monde – c’est-à-dire la transformation des forêts en terres destinées à d’autres usages – est liée à l’agriculture.
Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas l’exploitation du bois qui entraîne la perte massive du couvert forestier, mais bien l’expansion agricole. Toutefois, les formes que prend cette agriculture diffèrent selon les grands régions tropicales :
- En Amérique du Sud, la déforestation est majoritairement causée par l’élevage extensif (besoin de beaucoup d’espace pour brouter) et les grandes plantations de soja ;
- En Asie, elle résulte surtout des plantations industrielles, notamment d’hévéa (caoutchouc) et de palmier à huile ;
- En Afrique, elle est principalement due à l’agriculture itinérante pratiquée dans des zones à forte densité de population.
Dans de nombreux pays tropicaux, surtout en Afrique et en Amérique, l’exploitation forestière est encadrée par des normes légales strictes.
Du fait de la diversité des forêts tropicales, le nombre d’espèce à haute valeur commercial est limité et seuls quelques pieds sont prélevés par hectare. L’impact sur le couvert forestier est alors réduit et la reconstitution de la végétation est rapide. Par exemple en Afrique centrale, l’exploitation légale prélève moins de 2 pieds par hectare, ce qui permet de reconstituer l’équivalent en 25 ans.
La pression subie par les forêts est donc assez faible.
L’exploitation illégale du bois fragilise profondément les forêts tropicales et compromet leurs fonctions vitales.
Lorsque le bois est coupé sans autorisation pour la construction ou pour servir de combustible, il est souvent abattu de manière désorganisée dans des zones non prévues à cet effet.
Qu’elle soit menée par des acteurs informels ou par des populations locales, cette exploitation incontrôlée dégrade les écosystèmes forestiers et réduit les services essentiels qu’ils fournissent — tels que la production d’air pur, la régulation de l’eau, la création d’ombre ou la préservation de la biodiversité.
Le braconnage d’espèces animales protégées reste encore largement répandu dans les forêts tropicales.
Qu’il s’agisse de chasse pour l’argent (comme l’ivoir d’éléphants), de subsistance (viande de brousse comme unique source de protéines) ou de domestication d’animaux sauvages, cette pression excessive sur la faune menace profondément l’équilibre écologique. En perturbant la dispersion naturelle des graines par les animaux, le braconnage compromet directement le renouvellement des forêts et la régénération de leurs écosystèmes.
Les populations humaines sont également mise en contact avec des espèces animales, ce qui peut propager des virus, comme ce fut probablement le cas avec le COVID-19.
Les changements climatiques accentuent la vulnérabilité des forêts tropicales et bouleversent leurs équilibres naturels.
Bien qu’elles soient essentielles pour limiter le réchauffement global, ces forêts demeurent très sensibles aux dérèglements de l’environnement. L’augmentation des températures et la multiplication des périodes de sécheresse favorisent les incendies, entraînant une perte importante de couverture forestière.
De plus, la modification des saisons perturbe la régénération naturelle de nombreux arbres, qui ne fleurissent plus et ne peuvent donc pas se reproduire. La disparition de certaines plantes rompt ensuite la chaîne alimentaire, menaçant directement les espèces animales qui dépendent d’elles pour se nourrir ou se reproduire.
La mauvaise gouvernance affaiblit la protection des forêts tropicales et favorise leur dégradation.
L’insuffisance de contrôle gouvernemental, le manque d’application des lois et l’absence de suivi environnemental ouvrent la voie à l’exploitation illégale, à l’accaparement des terres et à l’émergence de conflits entre les différents usages du territoire. Sans une gestion transparente et coordonnée, les politiques forestières peinent à assurer la durabilité des ressources et à préserver les écosystèmes des pressions économiques et sociales.
La construction de routes et d'infrastructures fragmente les milieux naturels, isolant certaines espèces dans des habitats restreints.
Elle facilite également l’accès à des zones auparavant reculées, ce qui favorise le braconnage et d'autres activités illégales, accentuant la pression sur les écosystèmes tropicaux.

